Mal nommer
les choses, c'est ajouter

au malheur du monde.

Albert Camus.


lundi 28 octobre 2013

Venise 3. Requiem pour les galériens, 5'40

    Nous reviendrons à l'Arsenal, après ce troisième épisode. Ceux qui ne purent longtemps que traverser la zone interdite en vaporetto se souviennent de ces tezoni, immenses bâtisses de briques et de colonnes antiques recyclées aux longs temps des Doges, où s'inventa la première et très longtemps la plus importante usine du monde. Usine à galères, pour les Croisades,  et où pour le commerce de la ville-monde, la Marine visionnaire affréta dès la fin du XIIIe siècle ses galères à voiles et leurs équipages salariés, capables à la fois de ramer et de combattre les pirates. Ici, sans en comprendre les implicites, le musicien islandais Ragnar Kjartansson implante son installation, spectaculaire et conforme aux consignes performatives de la Biennale, une histoire de chanteur de night-club en smoking. Par bonheur, son amour de la lenteur se mue en hommage inconscient et dérisoire aux armées anciennes.