Mal nommer
les choses, c'est ajouter

au malheur du monde.

Albert Camus.


lundi 6 juin 2011

Disparition des abeilles, la fin d’un mystère




Les abeilles disparaissent depuis 20 ans et massivement depuis août 2007. L’hécatombe dans certaines ruches d’Amérique du nord, d’Europe ou d’Asie est si violente que certains arbres ne donnent plus de fruits, faute de pollinisation. Les pertes atteignent parfois 80% des colonies. Les apiculteurs découvrent des ruches vidées de leurs ouvrières, ou parfois un tapis de cadavres. Cette disparition touche aussi bien les abeilles domestiques que les butineurs sauvages.

Or, 80% des végétaux de la planète dépendent du travail des butineuses. L’industrie agro-alimentaire réalise soudain que les abeilles, en pollinisant les fleurs, sont les garantes d’une bonne récolte: l’agriculture dépendant de ces formidables pollinisatrices, représente 153 milliards d’euros dans le monde. Partant de la scène d’une disparition massive d’abeilles dans un rucher, Le film de Natacha Calestrémé Disparition des abeilles, la fin d’un mystère déroule l’enquête, comme pour une énigme criminelle, à la recherche des différentes hypothèses sur la mortalité des abeilles. La disparition des abeilles n’est pas due à une multitude de causes mais à un coupable bien précis. Et le phénomène s’accroît d’année en année. L’environnement des abeilles est aussi le nôtre. Il est grand temps de s’en préoccuper.

Qui est responsable de cette disparition? Insecticides? Monocultures? Ondes radio? Varroa destructor (acarien parasite de l'abeille)? Le Nosema (un champignon) ou un virus? Natacha Calestrémé interroge de nombreux spécialistes du sujet: Jean-Daniel Charrière, chercheur au centre Agroscope Liebefeld-Posieux; le professeur Hans-Hinrich Kaatz de l’université de Halle en Allemagne; le docteur Luc Belzunces de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA); Marc-Édouard Colin, chercheur chez SupAgro; ou encore Jean-Marc Bonmatin, chercheur au CNRS.

Diffusé sur France 5 le 21 mars 2009, ce film est disponible ce 7 juin dans la collection de grands documentaires engagés Doc Citoyens des Éditions Montparnasse, dont nous continuerons à commenter ici le travail cinématographique important dans de multiples directions.

© Photographie: Maurice Darmon,
Bestiaire urbain. En 2005, nous réalisions fréquemment ce type d'images dans notre jardin. On peut en voir d'autres dans notre diaporama. Six ans après, elles sont devenues un souvenir, malgré la multiplication et la diversification de nos plantations, sans aucun produit évidemment.