Mal nommer
les choses, c'est ajouter

au malheur du monde.

Albert Camus.


vendredi 16 septembre 2011

I had a dream




Le 3 octobre 2009, après le discours du Caire du 4 juin 2009 du président Barack Obama et la lecture du livre d'Élie Barnavi Aujourd'hui ou peut-être jamais, pour une paix américaine au Proche-Orient, m'avaient inspiré ce rêve, comme une prémonition:

«J'écoute la radio:

Nous interrompons nos programmes pour une nouvelle qui pourrait être de première importance. Ce matin, huit heures, heure locale, le président Mahmoud Abbas a annoncé solennellement la création de l'État palestinien souverain. Par la bouche même de leurs présidents, Israël et les USA l'ont aussitôt reconnu, suivis de la Chine et de la Russie. Un conseil extraordinaire de l'ONU a inscrit en urgence à l'ordre du jour la question de l'admission très prochaine du nouvel État à l'Assemblée des Nations Unies. Devant l'attitude unanime des membres du Conseil de Sécurité, l'ONU accueillera très bientôt son 193e membre (1).

D'ores et déjà et conformément aux "paramètres Clinton" (23 décembre 2000 à Taba), une ligne de démarcation provisoire entre les deux États est sur le point d'être fixée sur la base des échanges entre terres d'implantation des colonies et terres actuellement sous souveraineté israélienne, ce qui concerne 3% de la superficie de la Cisjordanie. De même, le nouvel État exerce désormais toute souveraineté en tous domaines et s'engage à demeurer non militarisé pour l'instant.

Cette annonce a soulevé l'espoir et même certaines manifestations spontanées de joie dans toutes les grandes villes palestiniennes et israéliennes, mais provoque un certain scepticisme du Hamas, du Hezbollah, et dans les milieux gouvernementaux iraniens, qui y voient "une nouvelle ruse de l'impérialisme et des lobbies sionistes", selon des sources généralement bien informées. Les principaux représentants de la diaspora palestinienne déclarent que, dans ces conditions, ils exerceront leur droit au retour dans leur patrie et encourageront leurs compatriotes, y compris ceux vivant dans l'État voisin d'Israël, à procéder ensemble à la construction de leur pays.

Faut-il y voir des signes? Les porte-paroles des deux présidents, palestinien et israélien, ont conjointement indiqué que les premières décisions concrètes concerneront les modifications à apporter d'urgence aux manuels scolaires dans les deux pays. D'autre part, une association américaine de couples mixtes en exil a même demandé que les deux États envisagent bientôt la création d'implantations spécifiques dans chaque pays, afin de les recevoir pour les aider à réussir leur retour sans mettre immédiatement leur vie en péril.

Enfin, nous apprenons à l'instant que le Président Barack Obama se rendrait très prochainement à Jérusalem-Al Quds, où s'installeront probablement les capitales des deux États, pour deux importants discours, destinés à préciser les prochains développements.»

I have a dream. C'est si simple qu'on peut se demander pourquoi ce n'est pas encore advenu. C'est qu'il faut des gouvernements plus forts pour décider de la paix que pour indéfiniment tirer profit et légitimité de la guerre.»

1. Il faut lire aujourd'hui «le 194e membre». En effet, depuis la rédaction de ce billet, la République du Soudan du Sud est officiellement le 193e État membre de l'ONU, après un vote par acclamations une semaine après son indépendance, le 14 juillet 2011, sous la présidence de Joseph Deiss, lors de la 65e session de l'Assemblée générale des Nations-Unies.

© Image: Fayoum sur bois en provenance d'Er Rubayat, Égypte, 350-370 AC.