Mal nommer
les choses, c'est ajouter

au malheur du monde.

Albert Camus.


dimanche 8 juillet 2012

L'indigné à la triste figure



Dans une interview donnée au quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung du 21 janvier 2011, Stéphane Hessel répond à la question qui lui demande comment il a pu survivre à tous ses internements successifs (Buchenwald, Dora et Rottleberode), pour conclure ainsi son explication:

Aujourd'hui nous pouvons constater ceci: la souplesse de la politique d'occupation allemande permettait, à la fin de la guerre encore, une politique culturelle d'ouverture. Il était permis à Paris de jouer des pièces de Jean-Paul Sartre ou d'écouter Juliette Gréco. Si je peux oser une comparaison audacieuse sur un sujet qui me touche, j'affirme ceci: l'occupation allemande était, si on la compare par exemple avec l'occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une occupation relativement inoffensive, abstraction faite d'éléments d'exception comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’œuvres d'art. Tout cela était terrible. Mais il s'agissait d'une politique d'occupation qui voulait agir positivement et de ce fait nous rendait à nous, résistants, le travail si difficile.

Il ne s'agit pas seulement d'une réponse de circonstance à un journaliste. En d'autres situations, plus savantes et plus universitaires, il avait déjà eu les mêmes considérations, pratiquement mot pour mot, au cours d'un entretien de 2008 avec l'historien Jörg Wollenberg de l'Université de Brême. Le texte de cet entretien a été publié dans un supplément à la revue "Sozial Geschichte Zeitschrift für historische. Analyse des 20 et 21. Jahrhunderts.

Une façon comme une autre de célébrer la date du 17 juillet 1942: la rafle du Vél d'Hiv aura ce jour-là soixante-dix ans.

© Photographie: Francine Beirach, cousin of the three Bajroch brothers, was four and a half years old; she was born in Paris. She was arrested during the Vél-d'Hiv roundup with her parents, Avroum and Malka, who were deported on convoy 15 of August 5, 1942. However, there is no trace of Francine on the deportation lists where her name should have been. Perhaps she was one of those very young children, alone and in anguish and unable to state their identity when deported, for whom all means of identification were lost. (French children of the holocaust, A memorial, Serge Klarsfeld).