Mal nommer
les choses, c'est ajouter

au malheur du monde.

Albert Camus.


vendredi 5 septembre 2008

Un autre encartage?



J
e voudrais vous parler d'un étrange constat. Nos sites peuvent bénéficier d'une sorte de compteur qui permet, outre de chiffrer le nombre de visiteurs — bas de la colonne latérale gauche —, d'avoir de temps en temps une idée (tout en préservant l'anonymat des personnes, bien entendu) des voies par lesquelles on nous découvre. Le nôtre est Statcounter et je le recommande à tous mes confrères, si j'ose les appeler ainsi: l'information est très utile en ce qu'elle nous permet d'améliorer la circulation interne du visiteur dans le site, forcément protéiforme et labyrinthique, dès qu'il s'agit de classer des contenus.
Venons-en à notre constat. Des visiteurs arrivent de façon récurrente sur "
Godard et la question juive" par exemple par la requête "Godard juif". Normal, semble-t-il. Mais on s'aperçoit vite que la démarche est systématique: je remonte souvent à ces demandes: "Basbous juif", "Darmon juif", "Fourest juive", "Gouguenheim juif", "Hantaï juif", "Lepage juive", "Pétré-Grenouilleau juif", "Proust juif" (parfois l'actrice "Caroline Proust juive", pas présente sur mon site — c'est fait maintenant —, mais il y avait depuis longtemps des Caroline — Lepage —, et un Proust Marcel! Ces chercheurs gagneraient en efficacité s'ils connaissaient la fonction du tiret dans les recherches Google), "Redeker juif", "Reichstadt juif", etc. Une variante fréquente: "Untel sioniste", donne aussi d'excellents résultats.
Comme disait Francis Blanche dans l'arrière-cuisine des Tontons flingueurs
, «Y en a». Au moins Jean Lefevre ajoutait-il: «Vous avez beau dire. Y a pas seulement que d'la pomme. Y a aut' chose. Ça serait pas des fois de la betterave?» Alors, Lino Ventura: «Si. Y en a aussi».
Et puisque Ralentir Travaux contient ces noms, et très souvent, ici et ailleurs il faut le confesser, les mots: "juif" ou "juive", il nous arrive ainsi d'insolites internautes. Nombreux finalement. Que cherchent-ils? Pour quelles raisons et pour quels intérêts? Qui trouve quoi? Sans excessive paranoïa, qui serait exagérée si cela ne concernait que notre minuscule observatoire, nous estimons que la question mérite d'être posée.

P.S. Il était 9h23 lorsque j'ai publié la note ci-dessus. Il est 16h 20. Notre compagnon Rudy Reischstadt, qui vient de la lire, nous envoie ce texte de Gérard Eizenberg, en date du 23 août dernier. Bien qu'émanant de La Paix Maintenant, que nous fréquentons régulièrement,
il nous avait échappé:
Être webmaster du site de La Paix Maintenant offre l'occasion de jeter un coup d'œil sur les fantasmes de certains internautes francophones, par l'intermédiaire des statistiques de connexions (il est possible d'observer le nombre de connexions pour chaque article, mais pas l'adresse IP des internautes, inutile de saisir la CNIL).
Or, un article que nous avions publié en octobre 2006 connaît depuis ce matin un record de connexions: "Des Juifs américains colombes et de gauche s'organisent pour contrer l'influence de l'AIPAC" où est cité le nom de Joseph Biden. Les mots-clé employés pour tomber sur cet article? "Joseph Biden + juif". Cette recherche donne notre article en quatrième position.
Alors, non, bien que nous nous félicitions une fois de plus de l'excellent
référencement dont nous bénéficions chez Google, nous sommes au regret de décevoir les internautes qui cherchent à savoir si tel ou tel est juif ou pas (quelles que soient leurs motivations). Le co-listier que vient de choisir Barack Obama, le candidat démocrate aux prochaines élections, est de confession catholique.