Mal nommer
les choses, c'est ajouter

au malheur du monde.

Albert Camus.


mercredi 26 novembre 2008

Alessandro Baricco: "Sans Sang"




Sans Sang BUR, 2002, Albin Michel, 2003 / Gallimard/Folio, 2004) devrait réconcilier les lecteurs avec Alessandro Baricco qui étaient peut-être restés sur leur faim après la lecture de SoieBUR, 1997, Gallimard/Folio, 2001), que la rumeur porta sans doute davantage.
Ce court roman, en deux parties, se déroule dans un nulle part à consonances hispaniques et dans un après-guerre indéterminé:
— Dans une une ferme isolée de Mato Rijo. Une
Mercedes arrive, quatre hommes tuent Manuel Roca et son fils. Seule survit la petite fille, bien qu'elle ait été vue cachée dans sa trappe par l'un des tueurs. Temps zéro, comme dirait Italo Calvino. Le tueur referme la trappe et laisse la vie sauve à la petite fille.
— Dans un restaurant, un vieil homme et une vieille femme conversent. La vieille femme, Donna Sol, est en fait la petite fille du début, le vieux est le tueur. Et c'est le moment de la vengeance.
On ne comprend pas forcément tout, et d'ailleurs tout n'est pas révélé. C'est surtout pour Alessandro Baricco l'occasion de livrer un apologue sur la violence et ses noires répétitions.

Après ses écrits sur
Carlo Emilio Gadda, notre compagnon Louis Bernardi nous donne ses réflexions, comme toujours personnelles et perspicaces, sur ce livre: Alessandro Baricco et la chapelle Sixtine. Éloge de Sang pour sang, où l'on pourrait voir aussi que ce qui sauve la mémoire, c'est peut-être l'oubli.

Image: © Éveline Lavenu.