Mal nommer
les choses, c'est ajouter

au malheur du monde.

Albert Camus.


lundi 20 avril 2009

La paix, maintenant!



Puisqu'il continue à être assez rare que nos journaux donnent à lire ces voix, nous reproduisons ci-dessous l'éditorial du journal
Ha’aretz, en date du 19 avril 2009, traduit de l’hébreu par Charlie Szlakmann pour La Paix Maintenant.

La paix, maintenant! — L'Histoire offre peu d'occasions permettant de modifier en profondeur la réalité politique. Pourtant, il semble qu’aujourd’hui se profile une telle opportunité. Le plan de paix du président des États-Unis, Barak Obama, offre l’une de ces rares conjonctures où un réel changement est possible pour Israël et l’ensemble de la région. Il ne faut pas la manquer.
Le plan, dont les fondamentaux ont été récemment révélés par Akiva Eldar dans
Ha’aretz, comprend l’établissement de pourparlers bilatéraux entre Israéliens et Palestiniens et, parallèlement, entre Israéliens et Syriens, dans l'esprit de l'initiative de paix saoudienne; celle-ci proposait à Israël une normalisation avec le monde arabe en échange d'un retrait des territoires et de la constitution d'un État palestinien.
De leur côté, les États-Unis proposent à Israël un ensemble de mesures sécuritaires, comprenant la démilitarisation des Territoires et la présence pour plusieurs années d’une force internationale. Ainsi, ce plan vise à instaurer une paix globale dans cette région, qui n’arrive pas à se libérer du cercle de la violence depuis des dizaines d’années.
C’est le moment de voir les choses en grand. À l’ancien-nouveau chef du gouvernement, Benjamin Netanyahou, s’offre l’occasion de surprendre le monde entier, de se débarrasser de formules passées désormais vides de sens, de faire preuve d’audace et de répondre à cette initiative avec enthousiasme et sans faire la grimace.
Le rêve du Grand Israël est désormais abandonné, y compris dans les rangs de la droite. Il faut donc espérer que Netanyahou continuera ce qu’avait entrepris voici trente ans un autre leader issu du même parti, Menahem Begin.
À Washington, siège aujourd’hui un président qui veut marquer le monde de son empreinte en imposant le changement. Il faut espérer qu’à Jérusalem également siège un tel dirigeant. Une partie des régimes arabes aspirent à la paix et la normalisation avec Israël et, tout comme ce dernier, veulent stopper le fondamentalisme. Pour cela, il n’est pas d’arme plus efficace que la paix.
C’est l’opportunité pour Netanyahou d’entrer dans l’Histoire, en tant que dirigeant de droite faisant preuve d’esprit de décision, et conduisant son peuple et son pays à la paix, la sécurité et la prospérité. Il ne faut pas se laisser effrayer par l’envergure de cet ambitieux programme: il est possible d’atteindre à la paix parallèlement avec la Syrie et avec les Palestiniens. Ce n’est pas le moment d’énumérer les difficultés susceptibles d’apparaître en chemin, il faut plutôt s’intéresser aux aspects prometteurs.
C’est pourquoi, le mois prochain, quand Netanyahou se rendra à Washington, il devrait prêter main-forte, se joindre au remarquable effort d’Obama et dire clairement à son hôte: «Oui, Israël le veut, Israël est prêt à la paix maintenant.»

20 juin 2009: Malheureusement,
sur les suites données par le gouvernement israélien et les leaders palestiniens à ces propositions, l'écrivain David Grossman fait état depuis d'un certain pessimisme dans un article du 17 juin dernier publié sur le journal israélien Ha'aretz, et dont nous avions déjà ici recueilli un article le 22 janvier 2009. Mais ces gouvernants et leaders provisoires ne peuvent avoir la prétention de maîtriser à eux seuls les événements à venir.