Mal nommer
les choses, c'est ajouter

au malheur du monde.

Albert Camus.


lundi 1 février 2010

Deux articles pour Frederick Wiseman



Dans notre dossier Pour Frederick Wiseman, nous établissons deux liens vers le site Persée, pour deux textes parus en 2001, dans la revue Communications. Depuis notre dossier, vous pourrez aussi télécharger ces textes en format PDF pour votre usage privé. Notons aussi, dans le même numéro, un article d'ensemble sur le cinéma documentaire américain de Jean-Paul Colleyn: Petites remarques sur les moments documentaires d'un grand pays, pp. 233-243.

1. Sarah Sékaly: Bienvenue au pays de Frederick Wiseman. L'auteur part d'une analyse détaillée de Titicut Follies (1967) en mettant en évidence les rapports de ce film avec les conceptions interactionnistes du sociologue américain Erving Goffman. Puis elle suit l'évolution de la méthode du cinéaste, en lien avec les progrès techniques dans l'enregistrement de l'image et du son, en soulignant le rôle de Wiseman dans la prise de son: «le micro dirige le cadre». Elle reprend enfin les explications de Frederick Wiseman sur les rapports qu'il entretient entre tournage et montage.

Quant au fond du projet du cinéaste, Sarah Sékaly l'énonce ainsi: «il faut réapprendre la critique pour devenir un citoyen américain». Les films de Wiseman — l'auteur en détaille plusieurs — documentent les mises en conditions idéologiques et physiques des hommes et des femmes. Plusieurs dialogues enregistrés (Welfare, Public Housing) sont reproduits en bonne longueur.

«Édifié en plus de trente ans — conclut Sarah Sékaly — ce palais des glaces aux reflets infinis s'apparente aujourd'hui à un immense labyrinthe».

© Zipporah films. Frederick Wiseman, Hospital, 1969.



2. Sophie Bruneau: À propos de Frederick Wiseman.Sophie Bruneau commence par noter les rapports entre le cinéaste et les théories interactionnistes du sociologue américain Erving Goffman. Elle relate sa première rencontre avec l'auteur, elle développe son apprentissage du film documentaire auprès de son oeuvre, en particulier à propos de Par-devant Notaire (1999), réalisé dans le Cantal avec Marc-Antoine Roudil, et de Arbres (2002), alors en préparation.

Cet article est le texte d'un entretien retranscrit par Sarah Sékaly. Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil sont aussi les auteurs du film: Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés (2006). On lira un autre entretien avec Sophie Bruneau sur le site Film de Culte.

© Photogramme: Sophie Bruneau et Marc-Antoine Roudil, Arbres (2002).
© Les deux textes ont été publiés dans la revue Communications, 2001, LXXI, 1, pp. 201 - 232.

Il est par ailleurs très simple de voir la plupart des films de Frederick Wiseman en France. La Bibliothèque Publique d'information du centre Pompidou possède une bonne collection, ainsi que la plupart des grandes médiathèques de France.